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Le rucher

Une île montagne

Nos ruches sont positionnées à l’année au cœur d’une châtaigneraie de la région du Haut-Taravo, à 750 mètres d’altitude.

Nous privilégions une conduite sans transhumance pour ménager le cheptel.

 

Le climat de montagne – aux hivers bien marqués - offre des conditions sanitaires favorables et un environnement moins soumis aux sécheresses estivales (qui touchent fortement la Corse ces dernières années).

 

La courte période de floraison de la végétation de moyenne montagne, nous oriente vers une production de miel plus faible, et destinée principalement à la conception de produits dérivés (confitures, vinaigres).

Le travail d'élevage effectué sur le cheptel tend à sélectionner les ruches adaptées à leur milieu.

 

Dans cette même logique, nous orientons la production de notre rucher vers d’autres produits de la ruche, favorisés par son environnement boisé  : pollen (principalement de châtaigner), propolis (issue de la résine de l’écorce et des bourgeons de certains arbres de la forêt).

Au cœur de la ruche

Dans une ruche, on retrouve 3 individus : l'ouvrière (90 % de la colonie), le faux bourdon et la reine

Les abeilles fonctionnent en colonie autour d'une seule reine. Les phéromones de la reine se diffusent dans la ruche et d'une certaine manière la "marque" de son odeur. Elle conditionne les décisions collectives de la colonie (elles communiquent avec leur langue) ainsi que ses mécanismes biologiques. C'est pourquoi les abeilles élèvent une nouvelle reine quand celle-ci meurt, est absente ou doit être remplacée.

Le renouvellement d'une ruche suit un cycle bien précis. Une abeille vit en moyenne 45 jours en été et jusqu'à 4 mois en hiver (l'absence d'activité la préserve) alors qu'une reine peut atteindre 4 à 5 ans. Les faux-bourdons ne butinent pas et ne piquent pas, leur rôle étant de féconder la reine et seront remerciés en début d'hiver dès que les réserves diminuent.

De nombreuses naissances sont donc nécessaires pour garantir une colonie forte et en bonne santé. La reine y pourvoira en pondant jusqu'à 2 000 œufs par jour, le pic est atteint en Juin, moment où la population est la plus nombreuse, de 50 000 à 70 000 abeilles à maturité.

Toutes les larves pondues au départ sont les mêmes, l'alimentation  et la taille de l'alvéole feront la différence, cet ensemble forme le couvain. Une future reine sera nourrie exclusivement à la gelée royale alors que les précieuses ouvrières et les faux-bourdons seront nourris avec de la bouillie larvaire, composée de pollen et de miel, riche en protéines. Une reine naît au bout de 16 jours, une ouvrière en 21 jours et le faux-bourdon en 24 jours.

Dans la ruche, l'ouvrière se retrouve sur n'importe quel cadre, car elle occupe plusieurs rôles au cours de sa courte vie ! Elle le fait sans apprentissage, passant d’une activité à l’autre. En fonction du développement de ces différentes glandes, l’abeille entreprend une tâche donnée. 

Elle est d'abord nettoyeuse (nettoie les alvéoles qui accueilleront couvain et ressources) puis nourrice (elle produit gelée royale et bouillie larvaire), puis cirière (elle bâtit les rayons d'alvéoles), puis ventileuse (fait circuler l'air dans la ruche pour contrôler la température et le taux d'humidité), ensuite gardienne (postée à l'entrée de la ruche, elle veille à ce que seules ces congénères réintègrent la colonie et sonne l'alarme en cas d'attaque de prédateurs) et enfin butineuse (ramène nectar dans son jabot, pollen et propolis sur ses corbeilles. Elle peut butiner jusqu'à 5 km autour de la ruche).

Le calendrier apicole

 

Au combien essentiel et déterminant dans la vie d'une apicultrice, comprendre l'interaction entre le cycle de l'abeille et celui de la flore. Ils sont intimement liés. La présence de l'eau et la nature du terrain sont essentiels et influencent fortement la diversité florale. Être en montagne décale ce cycle de deux à trois semaines par rapport à la plaine.

La fin de l'hiver : à la fin février, la nature entame déjà son printemps. Les premières floraisons déclenchent la reprise de la ponte et donnera naissance à de nouvelles abeilles. La saison apicole démarre! La visite de printemps s'impose, quand la température le permet. Le but est de vérifier l'état sanitaire de la ruche, de ses réserves en pollen et en miel et si besoin de la nourrir pour lui permettre de passer ce cap.

Du printemps à l'été : C'est la grande période des miellées et de la reproduction. On pose les hausses qui vont permettre de stocker le miel recueilli par les butineuses. Les floraisons importantes, à cette période sur le rucher, sont successivement celles de la bruyère blanche, asphodèle, genêts, anthyllis, thym corse, ronces, clématites et châtaigniers. C'est le moment de multiplier le cheptel, de faire des essaims (jeunes ruches de l'année), d'élever les nouvelles reines, pour compenser les pertes de l'hiver, voire d'augmenter le nombre de ruches.

De l'automne à l'hiver : La floraison tardive d'arbousier permet la naissance des dernières abeilles. Son nectar et son pollen sont importants à la colonie pour préparer les réserves hivernales. En montagne, nous les nourrissons en plus pour les aider à passer cette période froide et parfois neigeuse.